Le PAD dénonce « le glissement » du Haut conseil de sécurité en « direction politique du pays » - Radio M

Le PAD dénonce « le glissement » du Haut conseil de sécurité en « direction politique du pays »

Radio M | 01/09/21 16:09

Le PAD dénonce « le glissement » du Haut conseil de sécurité en « direction politique du pays »

Depuis quelques semaines, les réunions du Haut conseil de sécurité (HCS), sont devenues fréquentes. Le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune se réunit avec le chef d’Etat-major de l’ANP, le Premier ministre et certains ministres régaliens, notamment l’Intérieur, la Justice, les Affaires Etrangères ainsi que des responsables des différents départements de sécurité. Plusieurs décisions importantes sont prises lors de ces réunions.

Pour les forces du Pacte de l’alternative démocratique (PAD), il s’agit d’un « glissement » de cette institution en véritable « direction du pays ».

Dans une déclaration publiée ce mercredi 1er septembre, les acteurs du PAD, dénoncent qu’« après échecs électoraux successifs (…),  le régime s’obstine à s’imposer par la répression et les passages en force » lors des élections locales annoncées pour le 27 novembre.

Rappelant « le maintien arbitraire » en prison de certains de détenus politiques et d’opinion, les membres du PAD (RCD, PT, MDS, PST et UCP) déplorent un « dispositif juridique répressif (qui) ne cesse de s’élargir notamment par l’introduction de l’article 87 bis du code pénal ».

« Le glissement du Haut Conseil de Sécurité (HCS), qui est une institution légalement consultative, vers des fonctions de direction politique du pays promulguant des décisions impératives, est l’ultime dérive de cette stratégie du tout sécuritaire visant à pérenniser un climat de terreur permanent », déplorent les animateurs de ce conglomérat politique d’opposition.

Pour eux, c’est le mouvement populaire Hirak de février 2019 qui est visé par cette gestion. « Cette option coercitive, qui annonce la mise en place d’un ‘’Etat fort’’ basé sur la répression, vise non seulement la mort définitive du Hirak populaire, qui a constitué la plus grande menace pour la survie du régime », écrit le PAD.

Un large front en prévision de la rentrée

En prévision d’une rentrée sociale « difficile », le PAD lance un appel au « rassemblement » afin de constituer « le plus large front démocratique contre la répression et les atteintes aux libertés démocratiques ». Sa mission : exiger « la libération des détenus d’opinion », « la cessation des arrestations, des intimidations et du harcèlement contre les militants », « le respect des libertés et l’ouverture des médias » et « la levée des entraves à l’exercice des libertés ».

Sur la rupture des relations diplomatiques avec Rabat, les forces du PAD bien qu’elles dénoncent « les dérives inacceptables » du pouvoir marocain, estiment « l’Histoire et le destin communs des deux peuples frères ne sauraient s’accommoder de toute rupture officielle ou hostilité malveillante qui entravent la construction de l’unité entre les peuples maghrébins ».

Par Ahmed Ouali