Yasmina Khadra : "Les Vertueux va vous scotcher, il va vous émerveiller !" - Radio M

Yasmina Khadra : « Les Vertueux va vous scotcher, il va vous émerveiller ! »

Radio M | 20/07/22 09:07

Yasmina Khadra : « Les Vertueux va vous scotcher, il va vous émerveiller ! »

L’écrivain Yasmina Khadra vient de terminer sa tournée en Algérie, après un passage à Oran, à Alger, et hier mardi à Tizi Ouzou, pour présenter son dernier roman Les Vertueux qui sort le 24 août aux éditions Casbah.

A chaque passage, l’écrivain d’expression française a fait salle comble. Un fait rare en Algérie pour un évènement de ce genre. Mais qui révèle aussi que Yasmina Khadra jouit d’un grand lectorat en Algérie. Hier, lors de la présentation de son dernier roman Les Vertueux, à la Bibliothèque Nationale d’El Hama, à Alger, la salle était archi-comble. Certaines personnes étaient debout, et d’autres assises à même le sol, mais toutes étaient attentives devant ce bon orateur qui a fait rire le public algérois au moins une dizaine de fois.

« Les Vertueux va vous scotcher, il va vous émerveiller ! »

« Je vais être mégalo pour une fois : on m’a souvent traité de mégalo alors que je ne l’ai jamais été, je suis un homme du Sahara. Les Vertueux va vous scotcher, il va vous émerveiller. Il va faire de vous les vrais lecteurs de ce monde, parce que j’ai passé trois années que vous méritez. Trois années à travailler le texte », a affirmé l’écrivain, venu faire la promotion de son livre.

Auteur de plus de trente romans, et lauréats de nombreux prestigieux prix littéraires, Yasmina Khadra a indiqué que son dernier roman était le meilleur qu’il n’a jamais écrit. « Ne passez pas à côté de cette œuvre, comme je l’ai dit à Oran. Et pour la première fois, malgré tous les succès que j’ai rencontrés, c’est la première fois de ma vie où j’ai le sentiment d’avoir franchi le cap avec ce livre », a-t-il indiqué.

Les Vertueux, qui sort le 24 août prochain aux éditions Casbah, est un récit de 544 pages. L’histoire se déroule dans la ville d’Oran pendant la colonisation française, précisément la période qui coïncide avec la première guerre mondiale. Yacine, le protagoniste est appelé à combattre  » les boches » aux côtés des français en 1914. Il revient au pays après la guerre, et se retrouve confronté à d’autres défis. « C’est un roman qui essaie d’expliquer pourquoi aujourd’hui le peuple algérien est une nation de personnes écorchées vives ». C’est par ces mots que l’écrivain a résumé son dernier roman.

« Ma meilleure note en français était un 8/20 »

Interviewé par le journaliste Norredine Azouz, Yasmina Khadra, de son vrai nom Mohammed Moulessehoul, a évoqué son parcours, son rapport à l’écriture et aux langues, l’arabe et le français, et à l’Algérie.

« J’écris dans une langue que je n’ai jamais étudié et que j’ai appris à aimer », a-il-affirmé. Influencé par le poète arabe El Moutanabi, Yasmina Khadra dit avoir voulu devenir poète en langue arabe. Il a raconté avoir fait des tentatives qui n’a pas intéressé son professeur d’arabe, dont le retour était « l’humiliation et une véritable correction », a confié l’écrivain devant le public. Par contre, son imaginaire a interpelé son professeur de français, raconte-t-il, alors qu’il était « nul » en français. « Je lisais en français et je ne m’interessais pas à cette langue (…) C’était mon professeur de français qui m’a appris qu’il fallait avoir les accessoires qui vont avec cet imaginaire (…) Ma meilleure note en français était un 8/20 et c’était un triomphe », a-t-il confié.
Pour lui, la langue française est la langue du roman. « Il ne faut pas être ingrat dans la vie, c’est une langue qui a fait d’un petit soldat algérien l’ami de millions de gens et c’est toujours par reconnaissance que j’essaie de m’améliorer », a-t-il ajouté.

Traduits dans une cinquantaine de langues, certains romans de Yasmina Khadra ont été adaptés à l’écran et au théâtre en Afrique, en Europe et même en Amérique Latine. Mais il dit refuser l’adaptation de ses romans par exigence : « on m’a proposé l’adaptation de mes roman et j’ai dit non à deux reprises. Je suis devenu exigeant parce que je trouve que notre histoire est une histoire douloureuse, donc c’est une histoire authentique, et on n’a pas le droit de la porter à l’écran avec légèreté », a expliqué l’écrivain.

Yamina Baïr