Statuquo politique : des interlocuteurs de Tebboune dans le désarroi - Radio M

Statuquo politique : des interlocuteurs de Tebboune dans le désarroi

Lynda Abbou | 21/09/22 15:09

Statuquo politique : des interlocuteurs de Tebboune dans le désarroi

Face à une rentrée sociale éprouvante pour de nombreux algériens, marquée par un statut quo politique, des difficultés économiques, une régression sociale et morale et un musellement des libertés, le pouvoir algérien ne donne toujours pas de signes d’une volonté d’ouverture politique. Malgré les appels répétés de l’opposition au dialogue et de nombreuses initiatives politiques, il refuse obstinément la moindre mesure de détente. Ce refus incommode aujourd’hui et inquiète y compris des acteurs politiques qui ont accepté de rencontrer le Chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune en nourrissant l’espoirs du changement. C’est le cas par exemple du président du parti Jil Jadid, Sofiane Djilali.  

Dans son récent communiqué de son conseil politique, Jil Jadid a estimé que l’Algérie « a besoin plus que jamais d’entamer de larges et profondes réformes dans divers secteurs de la vie nationale (…) ».

Selon lui, « la vie politique du pays semble paralysée et le musellement implicite de toute parole critique renforce le sentiment d’une fermeture politique incompréhensible et à terme dangereuse ».

« Il ne peut y avoir de mobilisation nationale sans confiance populaire et dans ce cadre, un autoritarisme injustifié va à contresens de la volonté affichée par le Président de la République » affirme-t-il. Tout en déplorant que « jusqu’à présent, rien ne présage d’une ouverture politique salutaire » et qu’un « désenchantement s’installe insidieusement dans tous les esprits », Jil Jadid soutient que « les Algériens ont besoin de se retrouver, de dépasser leurs différends et de se tourner résolument vers l’avenir d’autant plus que celui-ci est chargé de défis. Ils attendaient une initiative de renforcement de la cohésion politique interne ».

Pour sa part le Front des forces socialistes (FFS), l’un des rares partis de l’opposition à avoir accepté de rencontrer le Chef de l’Etat, suscitant la polémique, regrette que les autorités n’aient pas prises ses mises en gardes répétées et n’arrivant pas « à se débarrasser des vieilles pratiques héritées des gestions antérieures, reproduisant les mêmes erreurs et conduisant aux mêmes impasses ». 

« Comment dès lors croire que notre pays est sur la voie du changement alors que le pays vit un statu quo politique, une stagnation économique et une régression des libertés individuelles et collectives à travers des dispositifs juridiques contraires à l’Etat de droit ? », s’interroge-t-il. Disposé à s’engager dans un processus politique consensuel de sortie définitive de la crise, le FFS assure qu’il « continuera à militer pour l’établissement d’un climat politique et social favorable à sa participation effective – plusieurs fois avortée- du peuple algérien dans la prise en main de son destin politique et économique ».

« Ce processus démocratique, soutint-il toutefois, ne pourra être impulsé sans une volonté politique du pouvoir algérien de rétablir les libertés politique, syndicale et médiatique et d’acter la libération des détenus politiques et d’opinion ».

Quant au diplomate et ex ministre, Abdelaziz Rahabi, invité récemment par la chaine de télévision BRTV, il pointe du doigts l’administration et la bureaucratie d’opposer une grande résistance au changement. Dans ce contexte, il regrette l’avortement de l’initiative de Ain Benian dont il a été un des acteurs les plus actifs. Dans ce cadre, il a accusé des groupes radicaux dans le pouvoir et dans le Hirak d’avoir torpillé cette initiative.