Me Bouchachi dénonce "l'emprise" des services de sécurité sur la justice - Radio M

Me Bouchachi dénonce « l’emprise » des services de sécurité sur la justice

Said Djaafer | 11/03/20 09:03

Me Bouchachi dénonce « l’emprise » des services de sécurité sur la justice

Les avocats sont en colère, outrés par ce qu’ils appellent une « emprise » manifeste des services de sécurité sur la justice. Ils sont sortis, hier, mardi, en robe pour le dire lors d’un petit rassemblement à l’issue d’une journée qui a vu la mise en détention provisoire de Samir Belarbi et de Slimane Hamitouche (de la coordination des familles de disparus) et le placement sous contrôle judiciaire du journaliste Khaled Drareni.

Une journée où également l’ancien policier Toufik Hassani a été condamné à 6 mois de prison dont trois ferme. Toufik Hassani devait être libre mais il a été à nouveau conduit au commissariat de Cavaignac en réponse à un mandat d’arrêt délivré par la chambre d’accusation de la cour de Chlef. Lors du procès, les avocats ont dénoncé les violences policières dont a été victime Toufik Hassani et ont regretté « le silence du parquet qui est censé ouvrir une enquête sur les violences policières qui deviennent récurrentes».

Le rassemblement des avocats visait précisément à dénoncer la soumission de la justice aux demandes des services de sécurité. Me Mostefa Bouchachi, dont les propos rappellaient la situation des années 90 avec la mise en place d’une justice d’exception à travers les « cours spéciales » avait, lors du procès de Toufik Hassani, dénoncé « l’emprise des autorités sécuritaires sur tous les domaines » .

Cette emprise touche «  les ministères, le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif, personne n’est indépendant, au point que cela est devenu une culture. On vous dit « nous avons des instructions ». J’aurais souhaité que cette culture ne s’étende pas aux magistrats,mais, hélas, elle semble être arrivée« .

Me Bouchachi a souligné lors du rassemblement que les avocats protestent car pendant trois jours le dossier des prévenus a fait le va-et-vient entre le commissariat de Cavaignac et le tribunal de Sidi M’hamed. Les prévenus ont été placés en détention provisoire ou sous contrôle judiciaire alors que le dossier de l’accusation est vide. Ce rassemblement, a-t-il dit, est organisé pour dénoncer ces mesures et protester contre « l’emprise des services de sécurité sur la justice algérienne, qui est, en définitive mise au service du pouvoir et rien d’autre. Et non pas pour protéger les droits des citoyens et poursuivre les véritables criminels ».