L'armée s'exprime de nouveau sur les législatives, Rachad et le MAK - Radio M

L’armée s’exprime de nouveau sur les législatives, Rachad et le MAK

Info Radio M | 09/06/21 17:06

L’armée s’exprime de nouveau sur les législatives, Rachad et le MAK

La revue El Djeich s’est violement pris aux mouvements Rachad et MAK, les accusant de vouloir porter « atteinte à l’unité nationale » et à « semer les graines de la division ».

Dans un commentaire signé « La Rédaction » et intitulé « Organisations terroristes : ‘’le scorpion pique et crie au loup’’ », la revue, dans son dernier numéro paru ce mardi, a descendu en flammes les deux mouvements, dernièrement classés par le Haut conseil de sécurité comme « organisations terroristes ».

Rachad, MAK et … « Dracula » !

Usant d’un langage d’une rare virulence, le commentateur, n’hésitant pas à placer ces deux mouvements au même rang qu’Al-Qaïda, l’Etat islamique, Boko Haram ou encore le GIA, « par leurs visées et objectifs », soutient que « Rachad et le MAK, tels Satan, le diable ou, disons ’’Dracula’’, sont des vampires attendant l’obscurité pour sucer le sang du peuple, tant ils sont incapables de l’affronter en plein jour, sous les rayons du soleil, parce que la lumière vive les aveugle et brûle leur peau ».

Il ira jusqu’à rappeler les crimes de Bentalha, Ramka et Raïs entre autres, pour que les jeunes d’aujourd’hui, dit-il, « réalisent que les organisations comme Rachad ou le MAK ne diffèrent guère du GIA, d’Al-Mourabitoun, de Jund Al-Khilafa ou du GSPC ». « Ce sont deux faces d’une même pièce », accuse-t-on, si ce n’est les modes d’action qui diffèrent « par le recours à de nouveaux outils, comme les plateformes des médias sociaux ou encore la sollicitation des ONG ».

C’est désormais courant, en tout cas ! Depuis que ces deux mouvements qui, pourtant, n’ont jamais commis d’attentat ou pris les armes, sont ‘’blacklistés’’, toutes les voix du pouvoir, du gouvernement au chef de l’Etat et maintenant l’ANP, décochent des flèches contre Rachad et le MAK.

Par ailleurs, et à la veille des élections législatives de samedi 12 juin, l’institution militaire rassure sur sa neutralité et affirme qu’elle ne s’immiscera pas dans ce processus.

L’armée « continuera à tout jamais de s’acquitter de ses missions constitutionnelles, conformément aux lois de la république, dans un esprit d’engagement et de volonté constante de défendre la souveraineté et l’unité de l’Algérie, en s’abstenant ainsi de s’immiscer dans tout processus électoral », indique l’éditorial de la revue El Djeich.

Sauver les législatives …

Pour une élection déjà discréditée, tant les conditions de son déroulement ne sont pas propices, au vu de la gestion répressive de la crise politique, il semblerait que les tenants du pouvoir tentent leur dernière cartouche avant le vote. D’un coté, rassurer les participants de la neutralité de l’armée et de l’autre, attirer les plus réticents parmi les citoyens, à aller aux urnes.  

En insistant sur cette position, l’armée dit vouloir « lever toute confusion que certains cherchent à entretenir ».  La seule immixtion, par contre, ajoute l’éditorial de la revue qui exprime les positions de l’institution militaire, est celle de « réunir les conditions idoines, à même d’assurer son déroulement en toute sécurité et permettre ainsi à notre peuple d’exprimer librement et en toute transparence son libre choix ».

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