Larbi Ouenoughi nommé à la tête de l'ANEP - Radio M

Larbi Ouenoughi nommé à la tête de l’ANEP

Ghada Hamrouche | 05/04/20 21:04

Larbi Ouenoughi nommé à la tête de l’ANEP

Le journaliste Larbi Ouenoughi est désigné nouveau directeur général par intérim de l’Agence nationale d’édition et de publicité (ANEP) en remplacement de Mounir Hemaïdia, désigné fin mai 2019. Début janvier 2020, Mounir Hemaïdia a laissé place à Asia Baz qui a dirigé l’agence à titre d’intérimaire. Conseiller auprès du ministre de la Communication, Amar Belhimer, Larbi Ouenoughi a dirigé ces dernières années deux quotidiens nationaux En-Nasr, qui paraît à Constantine, et El Massa, à Alger. Il a su redresser la barre de ces deux entreprises médiatiques publiques qui étaient en difficultés financières. Sous sa direction, En-Nasr est devenu le premier tirage du pays. Selon des sources informées, Larbi Ounoughi aura à mener des missions d’assainissement et de restructuration de l’ANEP après un audit complet. Actuellement, l’Inspection générale des finances (IGF) et la gendarmerie nationale mènent des investigations sur la gestion antérieure de l’ANEP notamment en matière de distribution de la publicité. Ces dernières années, des journaux, à faible tirage, ont été crées par des députés, des anciens ministres, des hommes d’affaires et des personnalités proches de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika et son frère Said pour bénéficier d’une importante manne publicitaire contre le soutien de l’ancien locataire du Palais d’El Mouradia. Ces publications continuent d’exister polluant un espace médiatique en crise. Il existe en Algérie, selon les derniers statistiques du ministère de la Communication, 530 publications, entre quotidiens, hebdomadaires et mensuels et périodiques spécialisés. Le nombre des quotidiens en arabe et en français est de 133.

« On crée des journaux pour avoir de la pub ! »

« Nous savons que tout ce qui est tiré n’est pas distribué. Certains journaux sont devenus un moyen pour faire des affaires, du courtage même. On crée des journaux pour avoir de la pu ! . C’est tout. Certains titres sont même crées avec des prêtes noms. Certains font du chantage. N’importe qui a obtenu la carte de presse. Une enquête sera menée par le ministère de la Communication pour déterminer qui est journaliste et qui ne l’est pas. Il y a de véritables bandes dans le secteur des médias. Il faut assainir. C’est un terrain miné et ruiné. Cette anarchie doit cesser », a déclaré Larbi Ouenoughi, lors d’une émission diffusée par El Hayat TV. A la tête de l’ANEP, il aura à accompagner la transformation de l’ANEP en groupe économique qui sera sous l’égide du CPE (Conseil des participations de l’Etat), sous l’autorité du Premier ministre. Le ministère de la Communication envisage de réorganiser le secteur de la presse public en trois groupe : impression, ANEP et presse écrite. « Il existe six journaux publics qui emploient 640 salariés actuellement. Il y a un problème de gestion. Certains journaux sont devenus des associations de bienfaisance. Si on leur arrêté la publicité, ils ferment ! » , a soutenu Larbi Ouenoughi dans la même émission, parlant d’un important taux d’invendus.

« L’ANEP était devenu un foyer de corruption réglementée »

Le nouveau responsable de l’ANEP aura à instaurer des « règles simples et transparentes »en matière d’aide indirecte à la presse vis l’ANEP. « J’ai démissionné de la direction d’El Massa à cause de la déviation de bons de commandes relatifs à la publicité. Nous étions les victimes de l’abus de pouvoir du ministre de la Communication de l’époque, Djamel Kaouane, qui avait dirigé l’ANEP aussi. La publicité était dirigée vers d’autres publications. Il donnait la pub à qu’il voulait. L’ANEP était devenu un foyer de corruption réglementée. Les enquêteurs vont être choqués parce qu’ils vont trouver au sein de cette agence », a prévenu Larbi Ouenoughi. Il a laissé entendre que certaines entrées de l’ANEP n’étaient pas déclarées aux services fiscaux. « Il y a eu beaucoup de dépassements. Certains clients de l’ANEP ne payent pas. Elle a actuellement une somme de plus de 1000 milliards de centimes non identifiée. C’est à dire qu’on ne sait pas exactement les annonces qui été payées par les clients et celles qui ne l’ont pas été. On a fait en sorte de que des annonces sortent dans les journaux pour qu’elles ne soient pas vues. Le but est d’arriver à des transactions au gré à gré sous prétexte que appels n’étaient pas été fructueux », a-t-il précisé.