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La “fakhama” supprimée, le petit maquillage pour ne rien changer

Said Djaafer | 20/12/19 12:12

La “fakhama” supprimée, le petit maquillage pour ne rien changer

Ils se sont levés tous pour applaudir sa décision de mettre fin à l’usage du qualificatif de “Fakhamatahou” (Excellence) associé au nom du Président durant l’ère de Liamine Zeroual et qui est devenu une ritournelle obligée dans la bouche de tous les responsables, petits et grands.

Au premier rang dans la salle se trouvaient ceux qui ont abusé à satiété de l’expression “fakhama” et bien avant eux, l’auteur de la décision. Les archives sont là pour rappeler un passé proche où il faisait le serment sur un ton emphatique que le programme du président de la république sera appliqué quelles que soient les conditions.

La séquence résume la vision du changement chez le pouvoir; il suffit de quelques détails et d’un peu de maquillage pour que les experts en justifications et en désinformation se lancent dans un discours sur “l’ancien régime” qui aurait été remplacé par un nouveau régime. Sauf que les figures emplissant la salle étaient les mêmes qui, il y a cinq ans et quelques mois, étaient présentes sur les lieux; les mêmes qui ont applaudi chaleureusement “fakhamatahou” installé président à l’issue d’une élection d’où il a été totalement absent. L’image de ce défi à la volonté du peuple reste présente dans les esprits.

Cette scène pénible d’un homme impotent rendu incapable par la maladie de lire des paragraphes entiers d’un texte préparé pour l’occasion a marqué la conscience des Algériens. Elle a suscité en eux un sentiment d’humiliation qui a mûri en une révolution pacifique exemplaire où les Algériens ont rétabli victorieusement leur dignité. Aujourd’hui également la cérémonie d’investiture est venue confirmer la persistance du régime à aller sur une voie opposée au mouvement de l’histoire. Le pire est que le discours a confirmé l’absence de la moindre vision. Le texte qui devait être fort dans sa teneur, clair dans ses choix, reflétant l’autorité de l’État à l’intérieur et à l’extérieur pour compenser la légitimité absente, était déstructuré et saturé de détails sans lien l’événement.

La vision politique était absente, mais il y avait les promesses d’alléger le poids des cartables des élèves du primaire, de prendre en charge du transport des dépouilles des émigrés vers le pays… Par contre, le monde qui nous entoure n’a reçu aucun message clarifiant l’image de l’ère qui venait de commencer officiellement. On découvre en définitive que le discours lu par celui qui était sur le point de s’installer sur le fauteuil présidentiel a été écrit à la va-vite, sans distinguer entre ce qui se dit dans une occasion de cette importance et les promesses électorales saturées du vocable “sa” (nous allons faire….)…. Un “sa” qui a acquis une mauvaise réputation en raison de l’abondance de son utilisation par les responsables qui ne respectent pas leurs promesses. Il n’est pas nécessaire de davantage de preuves de la faiblesse de celui qui a été imposé président de l’Algérie.

Le discours a néanmoins montré que la faiblesse est désormais dans l’État et que cela aurait été annonciateur d’un sombre avenir s’il n’y avait cet espoir allumé par la révolution pacifique en ses jeunes, lesquels sont déterminés à sauver l’Algérie de ce régime qui n’en finit pas d’envoyer des signaux de son obsolescence.

Traduit par la Rédaction – Article original