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“La doctrine diplomatique” de l’Algérie selon Abderrahmane Hadj Nacer

Radio M | 10/02/24 14:02

“La doctrine diplomatique” de l’Algérie selon Abderrahmane Hadj Nacer

Les changements récents dans les relations internationales obligent tous les pays à repenser leurs relations diplomatiques, que ce soit sur le plan régional ou mondial. Dans une interview accordée à Twala.info, l’ancien gouverneur de la Banque d’Algérie, Abderrhamane Hadj-Nacer, a expliqué ce que devrait être la « doctrine de la diplomatie algérienne ».

Selon Hadj-Nacer, le rôle de l’Algérie se définit selon son positionnement géographique, par rapport au Maghreb, à la Méditerranée et au monde arabe. L’économiste s’est interrogé si l’Algérie devrait être “un pays pivot sur lequel s’appuient des grandes puissances qui ont une doctrine”, à l’instar de “la doctrine italienne” qui considère l’Algérie comme simple fournisseur de gaz, ou encore “la doctrine russe qui consiste à dire que c’est une armée qui gère la stabilité du pays et sur lequel on peut s’appuyer en cas de déflagration mondiale”, ou chinoise qui voit en l’Algérie “un excellent accès pour l’Afrique profonde pour d’inverser ses marchandises” ou récupérer de la matière première.

L’invité de Twala.info affirme que si le pays “n’a pas de doctrine, il reste un pays pivot”. “Cela veut dire que chacun va définir pour lui ce qui est intéressant à prendre chez nous”, explique-t-il. Il ajoute qu’un pays “qui a une doctrine n’a pas vocation à être un pivot, mais plutôt un pays stratégique”.

Cependant, l’économiste a souligné qu’il est crucial pour l’Algérie de développer sa propre doctrine et de définir ses propres intérêts nationaux, plutôt que de simplement se conformer aux attentes des grandes puissances. Il a également mis en avant l’importance pour l’Algérie de diversifier son économie et de ne pas dépendre uniquement de l’exportation de gaz et de matières premières. Hadj-Nacer insiste notamment sur le fait qu’un pays qui se voit stratégique, “il doit avoir une doctrine lisible par les autres pays”.

Il souligne que la doctrine ne se limite pas à la diplomatie, mais aussi “sur les plans militaire, économique, technologique et industriel, etc. » Et pour l’Algérie, “cela fait longtemps qu’elle n’a pas eu de réflexion”.