Statuquo politique en Tunisie : la Constitution au coeur du débat - Radio M

Statuquo politique en Tunisie : la Constitution au coeur du débat

Lynda Abbou | 15/09/21 16:09

Statuquo politique en Tunisie : la Constitution au coeur du débat

En Tunisie, le débat autour de l’« état d’exception » du président Kais Saïed ne cesse de défrayer la chronique et suscite la polémique. Le président tunisien défend sa ligne politique malgré l’indignation exprimée par l’opposition.

Sept semaines après son « coup de force » constitutionnel, le président tunisien Kais Saïed n’a toujours pas clarifié son scénario de sortie de crise. Dans une déclaration accordée samedi dernier à la chaîne Sky News Arabia, le chef de l’Etat évoquait la possibilité d’amender la Constitution.

« Je respecte la Constitution de 2014 et ses dispositions, mais des amendements doivent y être apportés pour qu’elle puisse répondre aux aspirations du peuple », avait déclaré le chef de l’Etat tunisien.

A cet effet, cinq partis politiques du courant démocrate ont exprimé, hier mardi, leur rejet des « appels à la suspension de la Constitution et de l’état d’exception marqué par le cumul des pouvoirs et le monopole de la décision », exprimant leur étonnement quant au « prolongement du vide gouvernemental ».

Les partis en question exhortent le chef de l’Etat Kaïs Saïed « à tenir ses engagements envers les Tunisiens, de respecter la Constitution et le serment qu’il a prêté avant d’assumer ses fonctions de Président de la République ».​​​​​​​

Dans le même sillage, le président a reçu les deux anciens doyens, Sadok Belaïd et Mohamed Saleh Ben Aïssa et le professeur de droit constitutionnel Amin Mahfoudh, au Palais de Carthage, afin d’évoquer la situation politique en Tunisie et nombre de questions constitutionnelles.

« Je ne suis pas un partisan du chaos et du coup d’État » a déclaré le chef de l’Etat, tout en réitérant son engagement pour le respect des libertés et des droits, ainsi que sa détermination à se conformer à la loi et à la Constitution, selon un communiqué de la présidence.

Pour rappel, le 25 juillet 2021 dernier, Kaïs Saïed a limogé le Premier ministre, suspendu les activités du Parlement et s’est arrogé le pouvoir judiciaire, pour un mois renouvelable, avant de prolonger ces mesures le 24 août suivant, « jusqu’à nouvel ordre ».