Interview⎜Samir Lamari : les responsables algériens et marocains nourrissent une rivalité extra sportive - Radio M

Interview⎜Samir Lamari : les responsables algériens et marocains nourrissent une rivalité extra sportive

Mohamed Iouanoughen | 15/09/22 15:09

Interview⎜Samir Lamari : les responsables algériens et marocains nourrissent une rivalité extra sportive

Qu’est-ce qui aurait pu provoquer des incidents du match qui a opposé les jeunes Algériens de moins de 17 ans à leurs adversaires Marocains, lors de la finale de la coupe arabe ? Samir Lamari, journaliste spécialiste du football, répond aux questions de RadioM.

Radio M : Quelles sont les répercussions de l’incident du match Algérie Maroc qui s’est joue à Sig, au-delà des sanctions de l’UAF ?

Samir Lamari: C’est simple, l’image du football arabe a pris un sacré coup. Les images de cette bagarre générale ont fait le tour du monde. Ça a terni l’image d’abord du pays organisateur qui est l’Algérie, et qui a pourtant bien commencé cette compétition. Mais ce qui s’est passé lors de la finale de cette coupe arabe des moins de 17 ans reste une tache noire.

C’est une tache noire aussi pour le Maroc qui a donné un mauvais exemple. Les deux équipes ont donné un mauvais exemple à la jeunesse des deux pays et la jeunesse arabe. L’Union arabe voulait absolument que les compétitions interarabes se hissent au niveau mondial, surtout après la réussite de la dernière coupe arabe des seniors qui s’est déroulée au Qatar.  

Au-delà des lourdes sanctions prise par l’union arabe, les deux équipes et les joueurs ne risquent pas d’autres sanctions du côté de la FIFA ?

Non, les sanctions prises ne sont applicables qu’au niveau interarabe. De toute façon, l’Algérie est déjà qualifiée pour la coupe d’Afrique qu’elle va organiser.  Donc il n’y a aucune compétition qui risque d’être ratée d’ici là.  

Ce sont plutôt les répercussions morales qui comptent à ce niveau. La FIFA a certainement vu ces images et ce mauvais exemple qu’on a donné du football. Ça n’aide pas l’union arabe, il faut absolument travailler à baisser cette tension.

« Je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui nourrissent cette rivalité extra sportive ».

Malheureusement, le président de la fédération marocaine menace de ne pas envoyer son équipe pour la prochaine CHAN qui sera organisée par l’Algérie en janvier.  C’est une déclaration maladroite qui n’arrange pas la situation. J’aurais aimé entendre les responsables des deux pays faire des déclarations dans les sens de l’apaisement. C’est une exigence immédiate

Comment voyez-vous l’avenir des relations entre les clubs des deux pays, notamment celui de nos joueurs qui évoluent au Maroc ?

Il y a un risque, c’est pour ça que je dis, les responsables de deux pays, qu’ils soient sportifs ou politiques, doivent œuvrer à soustraire les compétitions sportives aux enjeux politiques. Les deux peuples sont liés par une longue histoire et une grande amitié, ce n’est pas normal des désaccords politiques soient mêlés au sport.  

Ce n’est pas la première fois que ce genre d’évènements survient dans le monde du football.  Pour les catégories des moins de 17 ans, et un match à caractère plus amical qu’officiel, c’est une première.  n’est-ce pas ?

Oui, c’est une première pour une compétition régionale.

Qu’est-ce qui peut amener une telle situation dans un match sans enjeu ?

Les responsables des deux pays ne font pas la différence entre le sport et la politique. Le travail de sensibilisation n’est pas fait, c’est plutôt le contraire qui se fait. Je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui nourrissent cette rivalité extra sportive.