Institutions : le sort de l'APN scellé cette semaine ? - Radio M

Institutions : le sort de l’APN scellé cette semaine ?

Lynda Abbou | 17/02/21 17:02

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Institutions : le sort de l’APN scellé cette semaine ?

Lors du dernier numéro de l’émission politique hebdomadaire Cinq sur cinq diffusé sur Radio M, le constitutionnalise Ahmed Betatache, le coordinateur du Nouveau courant patriotique (NCP), Seif El Islam Benatia et le journaliste Mohamed Iouanoughene ont décrypté l’option de la dissolution de l’Assemblée populaire nationale (APN) qui a été largement évoquée cette semaine.

Le Chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, a reçu samedi et dimanche derniers, au lendemain de son retour d’Allemagne, plusieurs chefs de partis politiques. Dans une déclaration à la presse, le président du Front El Moustakbel, Abdelaziz Belaïd a révélé que « le chef de l’Etat pourrait annoncer la décision de la dissolution de l’Assemblée populaire nationale », dans les jours avant le 18 février.

Le juriste reçu par Radio M a expliqué que selon la Constitution algérienne (l’ancienne et la nouvelle), « le président a les coudées franches. Il a la prérogative de dissoudre l’APN quand il le souhaite même au lendemain de l’élection des membres de cette chambre parlementaire ». « Mais par contre il n’a pas le pouvoir de dissoudre le Conseil de la nation » a précisé M. Betatache.

Entre les deux options disponibles, à savoir ; la dissolution de la première chambre parlementaire où des élections législatives anticipées, l’invité de de Radio M estime que le pouvoir algérien optera pour la dissolution.

« A mon avis le pouvoir va aller vers une dissolution pour éviter le débat sur la loi électorale que le président va légiférer par ordonnance » a-t-il estimé.

Selon lui, Abdelmadjid Tebboune a le droit de faire passer la loi électorale par ordonnance dans le cas de la vacance de l’APN et sa dissolution est considérée comme vacance. Par contre le président devra avoir l’accord du Conseil constitutionnel sur le fait que cette loi est constitutionnelle. « La loi peut rentrer ainsi en vigueur et sera adopté à la prochaine session parlementaire par la nouvelle APN » a-t-il ajouté.  Pour conclure la partie juridique, Ahmed Betatache a noté que le corps électoral est automatiquement convoqué dans la même ordonnance relative à la dissolution de l’APN.

Sur le plan politique, le journaliste Mohamed Iouanoughene a indiqué que l’organisation des législative ne peut pas être une solution pour la crise politique algérienne dans le contexte actuel. « Ces élections seraient un nouveau forcing après celui des présidentielle du 12 décembre 2019 et le référendum du premier novembre passé. Ça compliquera la situation encore plus » a alerté le journaliste.

Un avis partagé par le coordinateur du Nouveau courant patriotique (NCP), Seif El Islam Benatia qui trouve que l’organisation des législatives actuellement ne « sera pas une solution mais un obstacle qui maintiendra la crise ». « Pourquoi ne pas aller vers un vrai dialogue politique en mettant en place les condition adéquates pour le faire réussir » s’est interrogé le jeune activiste politique.

Benatia a également fait savoir que des éventuelles législatives sont synonyme d’une campagne électorale en plein mois de ramadan et pendant une saison où il fera extrêmement chaud au sud du pays, « comment faire une campagne dans des conditions similaires » s’interroge encore l’invité de Cinq sur cinq.

Pire encore, Seif El Islam Benatia qui est médecin de profession,  a mis l’accent sur les les risques liés à la crise sanitaire du coronavirus. « On risque d’avoir une 3e vague de cette pandémie ! Les autres pays cherchent de nouvelles solutions pour éviter les risques pendant ces échéances. Pourquoi cette précipitation si à la base le mandat de ce parlement arrivera a sa fin dans quelques mois ? » a conclu le l’invité.

Une émission à revoir en podcast ci-dessous.  

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