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Blog | Impasse à l’autre

Radio M | 19/02/22 21:02

Blog | Impasse à l’autre

par : Sidahmed Semiane

L’arrestation du jeune activiste Zaki Hanache est une saloperie. Et rien d’autre. Il n’y a pas d’autres mots. C’est une aberration de plus d’un état policier fou qui chaque jour s’enfonce davantage dans l’abîme et l’insensé. Et comment y faire face ? Comment lutter contre l’insensé ? C’est peut-être à cette question qu’il est urgent de trouver une réponse aussi.

Nous ne luttons pas contre la mauvaise gestion d’un pays à laquelle peuvent être confrontées les sociétés les plus avancées. C’est contre l’insensé que nous luttons. Le déraisonnable. L’irrationnel le plus effroyable. Et ça, j’ai l’impression que nous ne le mesurons pas assez et que nous ne le prenons pas suffisamment en considération dans notre approche.

Nous ne voulons pas savoir, comme à chaque coup dur, et l’arrestation de ce jeune homme en est une de plus ; nous ne voulons pas comme à chaque désastre, répéter à n’en plus finir cette litanie larmoyante : Où va ce pays ? Nous ne voulons pas savoir parce que nous savons déjà où il est et nous savons exactement où il va.

Il est dans l’arrière fond d’une impasse et s’enfonce dans le trou béant d’une infamie sans nom. C’est-à-dire l’adresse exacte où vous l’avez inscrit.

Un pouvoir qui s’acharne dans la répression de son peuple en pensant contribuer à son bonheur et à sa sécurité est la plus dangereuse, la plus insensée et la plus indigne des choses qu’un état puisse faire. Oui je dis état, parce que c’est au nom de l’état et de ses institutions légales que ce pouvoir agit et se complait dans sa répression, dans l’arbitraire et la gestion policière la plus absolutiste de la société, dans la politique la plus abjecte de la terreur.

Mettre en prison des hommes et des femmes comme Zaki Hanache, El Hadi Lassouli, Nacer Meghnine, Nabil Mellah, Fethi Ghares, Chafik Medjahed, Mohamed Tadjadjit, Dalila Touat et les autres, tous les autres, est une folie suprême d’un état malade. Profondément malade. Gangréné par la maladie de la dictature. En état avancé de putréfaction.

Ces hommes et ces femmes qui sont dans vos prisons et vos commissariats sont dignes, solidaires, ils sont pacifiques, ils sont l’intelligence du temps, les bâtisseurs de nos lendemains, chacun dans un domaine, courageux et fiers, jaloux de leur liberté et de celle de leur pays qu’ils veulent construire, bâtir mais selon leurs propres exigences, leurs propres rêves, une approche différente, celle de leur époque, celle de leur monde, de plus en plus complexe, pas celle du votre qui n’est plus et qui n’a jamais réellement été. Mettre ces hommes et ces femmes en prison, c’est affaiblir un pays. C’est contribuer à son assèchement. Sa désertification. Sa désertion déjà endémique. C’est le fragiliser plus que de raison. C’est le jouer à la roulette russe. C’est le mettre en proie à tous les vents mauvais.

Mettre des hommes et des femmes en prison pour ce qu’ils disent et ce qu’ils font est une aberration. Un crime. Et vous le savez. Cette gestion du conflit politique est sans issue pour le pays. Et plus qu’une impasse, à laquelle vous l’assignez déjà, c’est à une menace à laquelle vous l’exposeriez encore.

SAS

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