Halte au harcèlement policier et judiciaire du directeur et des journalistes de Radio M et de Maghreb Emergent ! - Radio M

Halte au harcèlement policier et judiciaire du directeur et des journalistes de Radio M et de Maghreb Emergent !

Communiqué Interface Médias | 16/03/22 13:03

Halte au harcèlement policier et judiciaire du directeur et des journalistes de Radio M et de Maghreb Emergent !

Radio M et Maghreb Emergent sont des médias au  service du public.

Nous avons, en tant qu’éditeur d’une plateforme de médias électronique, Radio M et Maghreb Emergent, partagé pendant de longues années avec nos confrères, le fardeau d’un contexte hostile à la presse indépendante.  Aujourd’hui, l’escalade dans la répression consacre un tournant qui met en péril l’intégrité physique de nos journalistes, leurs métiers, leurs emplois.

Le contexte sécuritaire pour exercer le métier d’informer a atteint un niveau sans précédent de dégradation. En particulier, les journalistes et partenaires professionnels de Radio M et Maghreb Emergent connaissent un harcèlement policier et judicaire  jamais connu à une telle intensité contre des médias algériens.

La liste des atteintes aux libertés des professionnels liés à nos médias est difficile à égrener depuis l’emprisonnement de Khaled Drareni présentateur de l’émission du café presse politique (CPP)et la censure, en mars-avril 2020, des deux sites d’information pour le public en Algérie.

Une année sous haute pression

L’année 2021 a été marquée par l’arrestation brutale par la police et la garde à vue de 5 jours de notre journaliste Kenza Khattou en pleine couverture d’une marche du Hirak au 2e jour de l’Aïd,  au mois de mai. Nos journalistes subissent un harcèlement policier constant dans l’exercice de leur activité dont la dernière manifestation a été la rétention, fin février, pendant plus de trois heures de Lynda Abbou, présentatrice de 5 sur 5, à l’aéroport d’Alger au retour d’un voyage à l’étranger. Le directeur de publication de nos médias Ihsane El Kadi, enlevé à deux reprises par les services de la DSI de la caserne Antar,  a passé l’année sous contrôle judiciaire suite à une plainte de Ammar Belhimer au titre de ministre de la communicationqu’il était, pour un blog politique sur la place de Rachad dans le Hirak en mars 2021. Deux  chefs d’inculpation ont été retenus contre l’auteur de l’article (« atteinte à l’unité du territoire » et « publications portant préjudice à l’intérêt national ») et l’affaire ira en procès le 5 avril prochain.

Et maintenant une asphyxiante dramatisation

Le feuilleton non exhaustif du harcèlement sécuritaire et judiciaire,de nos médias et journalistes connaît de nouveaux épisodes dramatiques depuis deux semaines. La mise sous mandat de dépôt de ZakiHannache le 24 février dernier a été accompagnée par une mise en accusation par la police judiciaire, pour le moment en instance de suites, de Ihsane El kadi dans le dossier de ce militant humanitaire, lauréat en décembre dernier du 4e prix Ali Bey Boudoukha, de Maghreb Emergent, dans la catégorie des lanceurs d’alerte. Quinze jours plus tard c’est la gendarmerie de TiziOuzou qui ajoute le nom de Ihsane El Kadi, le 10 mars, lors de la présentation (suivie de l’incarcération) de Tahar Khaouas, porte-parole du collectif de défense des détenus de la wilaya de TiziOuzou et, à ce titre, invité sur le plateau du CPP de Radio M en décembre dernier. Cette deuxième mise en cause, – liée à une affaire où il est question « de mouvement terroriste » –  a fait l’objet d’une convocation et le directeur de Radio M devra se présenter à la gendarmerie de TiziOuzou le jeudi 17 mars au matin.

Cessez le harcèlement policier et judiciaire

L’exercice de la liberté de la presse consacré par toutes les constitutions depuis celle de février 1989 implique l’indépendance de travail des journalistes en faveur du droit à l’information du citoyen et en dehors de toutes formes de pression des pouvoirs publics ou tout autre partie. Nous sommes aujourd’hui dans la quasi impossibilité d’exercer ce métier, pourtant protégé par la loi suprême du pays, sans risquer des poursuites judiciaires et l’emprisonnement. L’Algérie a, pourtant, besoin d’une industrie des médias qui contribue à mettre les citoyens et les décideurs au niveau d’information adéquat pour décider chacun à son niveau de compétence de la bonne marche des affaires publiques. Le droit à l’information rapporte la diversité des points de vue, alimente le débat public et nourrit l’expression libre. Il participe à la production d’une société ouverte et à la modernité de son Etat. Réprimer nos journalistes et nos médias avec de telles méthodes d’un autre âge, est un pari sur un avenir sombre pour notre pays et pour ses citoyens. Radio M et Maghreb Emergent ont une authentique utilité publique. Ils traitent de toutes les actualités et tentent de manière professionnelle de rendre compte de réalités complexes. Ils sont réputés pour la rigueur de leur traitement et n’ont jamais été condamnéspour diffamation. Il faut cesser de harceler policièrement et judiciairement leurs journalistes, annuler les poursuites insensées, et considérer nos médias, et la presse algérienne indépendante, comme un élément essentiel de la solution à la crise politique et non pas comme un élément du problème.

Pour l’éditeur, le conseil d’administration de Interface Médias SPA

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