El Watan : la crise se corse ! - Radio M

El Watan : la crise se corse !

Radio M | 10/10/22 16:10

El Watan : la crise se corse !

Par Meziane Isli

La crise qui secoue le quotidien » El Watan », l’un des titres les plus emblématiques du champ médiatique national, ne risque visiblement pas de connaître son épilogue de sitôt.

Les travailleurs de la SPA, en grève depuis le 16 septembre pour réclamer leurs salaires dont ils sont privés depuis huit mois, ont décidé de poursuivre leur mouvement, indique un communiqué du syndicat d’entreprise publié dans la soirée du dimanche.  

« En dépit du viol du droit de grève et des nombreux actes d’intimidations et d’agression commis par l’employeur, les travailleurs de la SPA El Watan poursuivent toujours leur mouvement de grève, et ce, jusqu’au règlement total de tous leurs salaires impayés depuis mars 2022 », note le texte.

« Outre le mouvement de grève, les travailleurs, à travers leur syndicat, ont entrepris plusieurs actions selon ce que prévoit la loi, afin de recouvrer leur droit le plus élémentaire, à savoir le salaire », précise encore le syndicat.

Les salariés qui, selon eux, voient leur « calvaire durer bien au-delà de leurs prévisions les plus pessimistes et au-dessus de ce qui peut être supporté en terme économique et social (…) » accusent l’employeur de «demeurer incapable de saisir la gravité de la situation et de prendre concrètement ses responsabilités ».

« Aucune perspective n’est aujourd’hui proposée aux travailleurs, en dehors de l’exigence insensée, voire indécente, de faire travailler des employés sans la garantie d’un salaire et sans l’engagement sérieux de pouvoir un jour honorer les impayés », souligne le communiqué.

Depuis la reconduction de la grève, le 16 septembre dernier, le journal El Watan est confectionné essentiellement par les responsables. Une situation qui risque de plomber l’entreprise, selon les salariés.

« On préfère ainsi faire sortir un quotidien à 90% alimenté par les dépêches d’agences de presse, en prenant le risque d’aggraver encore plus la santé financière de l’entreprise et d’entamer la crédibilité du journal construite au prix d’engagements assidus et de sacrifices consentis durant de longues années, plutôt que de se consacrer à dépasser l’impasse actuelle », déplore le syndicat.

Pour lui, «l’opacité et l’absence d’initiative continuent à être la règle concernant les choix et les options de la direction alors que la situation a atteint un seuil de pourrissement qui impose de reconnaître l’échec managérial et d’en tirer les conséquences ».