Détenus d'opinion : flou autour de la mesure de libération et souffrance des familles - Radio M

Détenus d’opinion : flou autour de la mesure de libération et souffrance des familles

La Rédaction | 01/04/22 14:04

Détenus d’opinion : flou autour de la mesure de libération et souffrance des familles

Si une cinquantaine de familles a retrouvé le sourire ces deux derniers jours après la libération provisoire de leurs parents détenus pour délit d’opinion, près de 300 autres souffrent en attendant un éventuelle élargissement.

Une cinquantaine de détenus a été remise en liberté provisoire mercredi 30 mars, dans plusieurs wilayas du pays, parmi lesquels le lanceur d’alerte Zaki Hannache, le journaliste Abdelkrim Zeghileche, les activistes ; Lazhar Zouaimia, Hamoudi Falleh ou encore Brahim Laalami. Une libération qui n’a été ni annoncée ni motivée officiellement.

Interrogés par Radio M, plusieurs avocats de détenus n’ont pas trouvé d’explications juridiques à cette mesure de libération. Ils en ignorent tout.

C’est une décision qui intervient dans le cadre des mesures de mise en liberté provisoire, décidées par les juges d’instruction « sans en avoir informé les avocats de la défense. »

Ce flou et ce déficit d’information a plongé des dizaines de famille dans le désarroi. Depuis mercredi soir, plusieurs familles attendent en effet devant les prisons de plusieurs wilayas dans l’espoir de retrouver leurs êtres chéris.

La famille du journaliste Mohamed Mouloudj, dont son épouse, ont passé de longues heures hier à attendre devant la prison de Koléa. De nombreux citoyens ont exprimé leur solidarité avec Mme Mouloudj qui n’a pas quitté la porte bleue de la prison de Koléa des yeux depuis son arrivée sur place jeudi, à 6h du matin, et son départ tard la nuit.

L’épouse du journaliste Marzoug Touati, emprisonné dans le sud du pays, à des centaines de kilomètres de de sa famille, a également exprimé sa « douleur » sur les réseaux sociaux. « On attends toujours un appel porteur de bonnes nouvelles, la nuit était presque blanche, je me suis assoupie deux minutes et j’ai rêvé qu’il était rentré à la maison. Attendre c’est de la torture !!! », a écrit Mme Touati.

En plus du flou qui entoure cette mesure de libération, beaucoup de fausses informations circulent, notamment sur les réseaux sociaux. Des rumeurs qui accentuent le stress des familles. À cet effet, des activistes et journalistes appellent à penser aux familles avant de diffuser une information non vérifiée.