Crise libyenne : Alger insiste sur "la solution politique" et considère Tripoli comme "une ligne rouge" - Radio M

Crise libyenne : Alger insiste sur « la solution politique » et considère Tripoli comme « une ligne rouge »

Ghada Hamrouche | 07/01/20 07:01

Crise libyenne : Alger insiste sur « la solution politique » et considère Tripoli comme « une ligne rouge »

Le président du Gouvernement d’union nationale (GNA) libyen Faiz Al Sarraj, arrivé ce lundi 6 janvier à Alger, a eu des entretiens avec le président Abdelmadjid Tebboune. Faiz Al Sarraj, qui est la première personnalité étrangère reçue par le nouveau chef d’Etat algérien, est accompagné du ministre des Affaires Etrangères Mohamed Tahar Silaya, du ministre de l’Intérieur Mohamed Bachagha et du conseiller aux questions de sécurité intérieure Tajeddine Mohamed Al Rezgui. La situation sécuritaire en Libye a été au centre des discussions élargies aux délégations de deux pays en présence des ministres algériens des Affaires étrangères et de l’Intérieur ainsi qu’un représentant du ministère de la Défense nationale. Le président Abdelmadjid Tebboune a rappelé la position officielle de l’Algérie qui refuse toute « ingérence étrangère » en Libye et a appelé la communauté internationale dont le Conseil de sécurité de l’ONU à assumer leurs responsabilités pour « imposer la paix et la sécurité en Libye », imposer le cessez-le-feu et mettre fin à l’escalade militaire. Alger a appelé « les parties étrangères » à arrêter d’alimenter l’escalade en Libye et à cesser d’apporter un soutien logistique, militaire et humain aux belligérants. Alger, par la voix du chef de l’Etat, appelle au respect de la légalité internationale en Libye pour « faciliter la reprise du dialogue en vue de trouver une solution politique à la crise ». Tebboune a dénoncé les actes de violences dont la récente attaque contre l’Ecole militaire de Tripoli, « un acte criminel » pouvant être qualifié comme « un crime de guerre ». « L’Algérie considère que la capitale libyenne Tripoli comme une ligne rouge en espérant qu’elle ne soit traversée par personne », est-il souligné dans un communiqué de la présidence de la République, rendu public lundi soir.  Faiz Al Sarraj, de son côté, a déclaré que son pays fait confiance aux efforts que déploie l’Algérie pour atténuer de l’escalade actuelle en Libye et pour soutenir la solution politique à la crise.

L’Algérie condamne le raid contre l’Ecole militaire de Berlin

L’Algérie a, par ailleurs, condamné « énergiquement » le raid qui a ciblé, samedi 4 janvier 2019, l’Ecole militaire de Tripoli et qui a fait plusieurs victimes. Alger considère que de tels actes, « quelles que soient les parties impliquées », attisent la haine et « aggravent davantage » la crise dans le pays. L’Algérie, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, réitère son refus absolu de « toute ingérence étrangère en Libye » et appelle toutes les composantes et parties libyennes « à faire prévaloir l’intérêt suprême et à un retour rapide au « processus du dialogue national inclusif pour parvenir à des solutions à même de faire ce pays frère et voisin de la crise dont il souffre » et de construire un Etat d’institutions « où le peuple libyen souverain vivra en paix et en sécurité et jouira de la stabilité au sein d’un seul et même pays ».

Merkel invite l’Algérie à la conférence de Berlin

Après l’avoir ignoré, sans explications, l’Allemagne a décidé d’inviter officiellement l’Algérie à assister à la Conférence de Berlin consacrée à la crise en Libye qui aura lieu, sous l’égide de l’ONU, ce mois de janvier. L’invitation a été communiquée au président Abdelmadjid Tebboune ce lundi 6 janvier 2019 par la chancelière allemande Angela Merkel lors d’un appel téléphonique qui, selon un communiqué de la présidence de la République, a duré une trentaine de minute. La Russie et la Turquie ont, pour rappel, critiqué la non invitation de l’Algérie, de la Tunisie et de parties libyennes à cette conférence. Berlin, qui tente d’avoir une position neutre par rapport à la situation en Libye, semble avoir fait un pas en arrière. Merkel, qui a téléphoné le même jour au président tunisien Kaïs Saied, n’aurait pas, selon des médias tunisiens, été invité à la conférence de Berlin. Merkel et Tebboune ont abordé la situation actuelle en Libye en soulignant la nécessité d’accélérer la recherche d’une solution politique à la crise, l’arrêt immédiat du conflit armé et mettre fin « aux interventions militaires étrangères ».