Conditions de vie en milieu carcéral : les détenus algériens au bord de la famine - Radio M

Conditions de vie en milieu carcéral : les détenus algériens au bord de la famine

Lynda Abbou | 03/01/21 16:01

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Conditions de vie en milieu carcéral : les détenus algériens au bord de la famine

Depuis la proposition d’aide financière de l’activiste incarcéré Rachid Nekkaz, pour le budget alimentaire de la prison de Koléa ou il est incarcéré actuellement, les langues se délient sur la sous-alimentation dans les prisons algériennes. 

Sous mandat de dépôt depuis plus d’un an, l’homme d’affaires et ex-candidat à l’élection présidentielle, Rachid Nekkaz a révélé que durant une semaine à la prison de Koléa, les prisonniers ont « savouré quatre fois des lentilles et à quatre reprises des haricots comme en temps de guerre ». « Monsieur Belkacem ZEGHMATI (ministre de la justice) depuis trois mois, nous ne mangeons plus de viande, ni de poulet, ni de dessert, ni de fruits de saison, ni de yaourt à la prison de Koléa » a-t-il alerté.

Les mesures prises dans le cadre de la « lutte » contre la Covid19, ont révélé les dysfonctionnements qui touchent les établissements pénitentiaires. Faute de complément par les couffins (nourriture assurée par les familles des prisonniers), la situation devient « sérieuse avec la vague de froid ». « Les 4000 détenus se plaignent de l’alimentation en milieu carcéral surtout depuis l’interdiction en mars 2020 de la nourriture venant des familles à cause du virus Covid19 », a alerté Nekkaz qui se trouve dans la prison de Koléa.

Pour lui, l’objectif de l’aide de 6 milliards de centimes qu’il propose «est d’empêcher la destruction des 4000 prisonniers de mort lente et de famine pendant cet hiver particulièrement froid » !

Pire encore, l’argent qu’envoient les proches des détenus par le biais d’un mandat prend beaucoup de temps avant d’arriver à destination. C’était le cas du détenu d’opinion Mohamed Tadjadit qui ne recevait pas de couffin ni l’argent envoyé par sa famille. Il a fallu que cette dernière dénonce publiquement ces pratiques et que ses avocats fassent une réclamation pour que le jeune détenu reçoit une partie seulement de l’argent transféré !

Lors de sa participation au débat sur les libertés, organisé par Nida22, hier samedi 02 janvier, l’ancien détenu d’opinion Soheib Debaghi a révélé que le seul problème qui lui faisait mal en prison c’est la « famine ». « Il n y’avait pas de violence physique contre nous en prison. Psychologiquement j’allais bien mais nous vivions la famine en détention. Pire encore nous n’avions pas d’eau » a signalé Debaghi. « Il y a une personne qui contrôle la fontaine de la prison. Pour remplir un seau d’eau il faut lui donner une cigarette ou du fromage » a-t-il raconté.  

Selon des militants des droits humains, le droit à l’alimentation convenable relève des droits fondamentaux, et la loi stipule que « la prison est la privation de la liberté pour une durée qui soit proportionnelle à la faute, au crime..» «Pour le reste, le détenu garde ses droits fondamentaux et il est de la responsabilité de l’Etat de les respecter et de les faire respecter » soulignent-ils.

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