Cinéma : 37e Edition de la Mostra de Valence « La vie d'après » d´Anis Djaad, en sélection officielle (contribution) - Radio M

Cinéma : 37e Edition de la Mostra de Valence « La vie d’après » d´Anis Djaad, en sélection officielle (contribution)

Radio M | 27/10/22 17:10

Cinéma : 37e Edition de la Mostra de Valence « La vie d’après » d´Anis Djaad, en sélection officielle (contribution)

La Mostra de Valence, intitulée de manière éloquente « Cinema del Mediterrani », qui se tient du 20 au 30 octobre, présente dans sa sélection officielle, douze nouveaux films qui donnent une idée de la diversité culturelle méditerranéenne. Cette édition met spécialement en lumière les problèmes des femmes et la présence de nombreuses directrices derrière la caméra.

L´Algérie participe à cette 37e édition avec le film « La vie d´après » d´Anis Djaad. Une fiction de 105 mn qui parle d’une veuve qui doit faire face à des rumeurs malveillantes dans une société qui ne donne pas d’autre chance à ceux qui ont perdu leur mari. Le film relate l’histoire de Hadjer et de son fils qui tentent de se reconstruire une vie et de se reconstruire eux-mêmes après le lâche assassinat de son époux par un groupe terroriste. Elle se retrouve en proie à toutes les difficultés de la vie amplifiées par son nouveau statut social et sa condition modeste dans son village reculé de l’ouest du pays. « La vie d’après », qui devait s’appeler « Hadjer » au début, est coproduit également par le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC, France), l’Institut français et la Région Île de France.

« El que sabem », premier long métrage du valencien Jordi Núñez, projeté en inauguration, raconte les vies, les amours et les amitiés croisées entre un groupe de jeunes dans la Valence actuelle menés par Carla (Nakarey), une serveuse qui tombe amoureuse du beau Victor (Javier Amann). Le réalisateur dit : « Comme dans mes courts métrages, je m’intéresse aux personnages qui affrontent l’amour pour la première fois, qui doivent apprendre à le gérer en même temps que la peur de la perte ».

La France est présente avec « The Worst Ones », de Lise Akoka et Romane Gueret, lauréate du Prix un Certain regard au dernier Festival de Cannes. Se déroulant à la périphérie d’une ville du Nord, entre réalité et fiction, il retrace les ravages qu’engendre le tournage d’un film dans une communauté où cohabitent de nombreux immigrants. Du même pays, un film curieux, « Magdala » de Damien Manivel, raconte la vieillesse de Marie-Madeleine, qui continue de manquer son unique amour, Jésus lui-même.

Le film portugais « Wolf&Dog » de Cláudia Varejao, nous montre la relation transformatrice entre une fille et son meilleur ami, un adolescent qui ouvre les yeux sur le monde. « Nostalgie », réalisé par le vétéran Mario Martone, nous raconte le retour à Naples d’un homme mûr pour rendre visite à sa mère malade en affrontant les démons du passé.

Du Kosovo, « Vera Dreams of the Sea », réalisé par Kaltrina Krasniqi, reflète le processus d’auto-découverte d’une femme adulte quand son mari se suicide. La Slovénie présente « Moja Vesna » de Sara Kern, où la réalisatrice raconte comment une fillette de dix ans doit devenir la figure adulte d’une famille après la mort soudaine de sa mère. Et dans une Ukraine en feu, avec « Klondike » de Maryna Er Gorbach à l’odyssée d’une famille à l’aube de la guerre du Donbass en 2014.

La Tunisie pour sa part participe avec « Entre las higueras », d´Erige Sehiri, dans lequel la cinéaste met en valeur la solidarité et la camaraderie des femmes dans une société patriarcale reflétant une journée de récolte.

Du Moyen-Orient troublé, « Until Tomorrow », réalisé par Ali Asgari, une production iranienne dans laquelle nous voyons la situation difficile de la femme à travers le calvaire d’une jeune fille qui doit « cacher » son bébé né hors mariage quand elle reçoit la visite de sa famille. Et d’Israël, « Concerned Citizen » d´ Idan Haguel où le réalisateur métaphore les déséquilibres et les conflits internes de son pays à travers la débâcle d’un jeune gay qui voit ses convictions vaciller quand il plante un arbre dans sa rue de Tel-Aviv comme symbole de bonne volonté, déclenche une série de catastrophes.

Au-delà de la section officielle, des activités parallèles passionnantes s’accumulent.  Lors du gala d’ouverture du festival de cette 37e édition, présentée par Anna Marí, Daniel Tormo et Paloma Vidal, qui s’est tenu à la Rambleta, le réalisateur marseillais(France), Robert Guédiguian, a reçu la palme d´honneur.  Toute la filmographie du maître marseillais, est projetée durant cette Edition. Auteur de films aussi extraordinaires que celle mythique, notamment, Marius et Jeanette (1997), Marie-Jo et ses deux amours (2002) ou la dernière, Mali Twist (2021).

Le cycle consacré au cinéma grec du XXe siècle et d’une rétrospective de la réalisatrice française Lucile Hadzihalilovic, créatrice d’un univers très particulier, poétique et mystérieux, comme on le voit dans des titres comme Innocence (2004) ou Earwig (2021).

Le jury cette année est composé du directeur palestinien de la photographie, Ehab Assal, de la scénariste espagnole, Maria Mínguez, du critique français, Pierre-Simon Gutman, de l’actrice, scénariste et réalisatrice croate, Lana Baric et de la compositrice grecque, Evanthia Reboutsika, en tant que présidente.

De Valence (Espagne) ; Ali Ait Mouhoub