Amira Bouraoui réagit à son empêchement de quitter le territoire - Radio M

Amira Bouraoui réagit à son empêchement de quitter le territoire

Radio M | 12/11/21 12:11

Amira Bouraoui réagit à son empêchement de quitter le territoire

La docteure Amira Bouraoui a publié, ce vendredi 12 novembre, un communiqué de presse où elle explique les conditions de son interpellation ce vendredi matin à Alger, puis de son empêchement de quitter le territoire national.

Voici le texte intégral :

« J’avais un projet de voyage à Paris et j’ai acheté il y a deus semaines un billet pour ce vendredi à 11 h. Je me suis fait arrêté à la sortie de la maison le matin 8 h par la police de mon quartier à El Achour. J’ai demandé ce que je faisais au commissariat, les policiers étaient incapables de répondre.

Ils ont demandé une pièce d’identité et poser les questions habituelles de la filiation. J’ai été relâché sans explications au bout de trente minutes et j’ai pu gagner l’aéroport Houari Boumediene dans les délais pour l’enregistrement de mes bagages.

J’ai immédiatement ressenti un manège suspect autour de moi, notamment lorsqu’on m’a fait passer en premier dans la file d’attente. Une fois arrivée au guichet de la PAF un commandant s’est présenté devant moi et m’a déclaré « j’ai le regret de vous faire savoir que vous ne pouvez pas quitter le territoire nationale ». Le lieutenant qui tenait mon passeport n’avait même pas eu le temps de faire les vérifications sur son ordinateur.

Aucune autre explication ne m’a été donnée. J’ai du revenir à la maison, en laissant même mon bagage enregistré où se trouvent mes effets personnels, mes livres de gynécologie et un drapeau algérien. Le commandant de police ne m’a pas parlé d’interdiction de sortie du territoire nationale (ISTN) émise par le parquet à mon encontre.

Il s’agit d’un empêchement de circuler décidé par les services de sécurité que je dénonce de toutes mes forces. Cela fait trois années que je suis empêchée de poursuivre mon travail dans le secteur de la santé publique. Le harcèlement sécuritaire et judiciaire, ne changera rien à ce que je suis et ce que je veux pour mon pays.