Agressé, le journaliste Mustapha Bendjama se remet lentement de ses multi-traumatismes  - Radio M

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Agressé, le journaliste Mustapha Bendjama se remet lentement de ses multi-traumatismes 

Radio M | 09/02/22 22:02

Agressé, le journaliste Mustapha Bendjama se remet lentement de ses multi-traumatismes 

Le journaliste indépendant Mustapha Bendjama ciblé par les services de sécurité dans sa ville de Annaba, a échappé au pire.

Mustapha Benjama rédacteur en chef du Provincial à Annaba a donné à Radio M le témoignage suivant de son agression le lundi soir dans les rues de Annaba :

“Je ne me souviens de rien, c’est le black out. Je suis sorti le soir du bureau comme à mes habitudes. Je marchais dans le centre ville et puis je ne sais pas ce qui est arrivé. J’ai le corps pleins de contusions, les deux bras les deux jambes, mon épaule, mon visage. Je ne sais pas comment je me suis retrouvé à l’hôpital. Peut être qu’on m’ y a emmené. Il y avait trop de monde. Je n’ai pas pu rester sur place. J’ai pris un taxi et je suis rentré”.

Il poursuit, “le lendemain j’ai fait trois hôpitaux différents avec mon père pour faire un scanner et d’autres radios. J’ai retrouvé mon téléphone sur moi, mais j’ai perdu 4000 dinars. Peut être qu’ils sont tombés de ma poche. Je ne sais pas si c’est une agression pour me voler ou autre chose, vraiment aucun souvenir. Je suis très fatigué et je me repose à la maison”.

Harcèlement judiciaire

Mustapha Bendjama, journaliste connu à Annaba où il dirige la rédaction du journal le Provincial a été la cible d’un harcèlement judiciaire particulièrement soutenu depuis trois ans, notamment pour sa couverture du Hirak et pour sa participation active aux campagnes pour la libération des journalistes détenus.

Il a été poursuivi dans trois affaires distinctes et mis sous contrôle judiciaire plus d’une année avant d’être condamné à deux mois de prison avec sursis et 20 000 da d’amende en juin 2021 pour partage de document confidentiel (une convocation).

Il a également été l’objet d’une plainte déposée par le wali d’Annaba, Djamel Eddine Berrimi, pour « diffamation » et « atteinte à l’intérêt national » pour avoir « écrit un article » et fait une « intervention télévisée sur l’affaire dite du mariage « non autorisé » pendant le début de la crise du Covid-19 en mars 2020. Plainte qui a donné lieu à une condamnation à une année de prison ferme en son absence le 20 décembre dernier. Mustapha Bendjama a fait opposition et l’affaire doit être rejugée.