Affaires Ghediri, Haddad, Toufik, Kamel el Boucher et Khalifa : les révélations de Me Bourayou - Radio M

Affaires Ghediri, Haddad, Toufik, Kamel el Boucher et Khalifa : les révélations de Me Bourayou

Ghada Hamrouche | 03/02/20 19:02

Affaires Ghediri, Haddad, Toufik, Kamel el Boucher et Khalifa :  les révélations de Me Bourayou

L’avocat Khaled Bourayou, malgré ses problèmes de santé, a tenu à apporter son témoignage et sa lecture des affaires politiques et leurs prolongations judiciaires qui ont suscité l’attention générale au cours des derniers mois.

A sa demande, Me Bourayou a été ce lundi 3 janvier 2020, l’hôte de l’émission « Accès Libre » de Radio M Post et Radio M, il a donné des détails inédits sur certaines affaires et s’est exprimé sur le fonctionnement actuel de la justice et sur le travail des avocats.

Son constat est critique et son analyse est amère. Le général Ali Ghediri  refuse, selon lui, de bénéficier de la liberté de provisoire. Il a rappelé qu’Ali Ghediri a appelé à changer le système et faire partir Abdelaziz Bouteflika. Le général à la retraite a été mis en détention le 13 juin 2019 pour «atteinte au moral de l’armée » et « intelligence avec une puissance étrangère » en tant que « complice » avec Hocine Gouasmia, président du Forum de l’Algérie de demain.

D’après l’avocat, Ali Ghediri refuse de bénéficier de la liberté provisoire parce qu’il veut être rétabli dans ses droits. Il refuse que son droit  « soit transformé en une faveur ». Pour Khaled Bourayou, la justice a reculé au moment où le hirak a fait avancer des choses.

« Ce mouvement a donné beaucoup d’espoir. On n’a plus peur de l’Etat. Mais quel est l’acquis douze mois après? La justice a avancé dans la régression. On a mis les gens en prison. Un militant comme Bouregâa a déclaré qu’il ne reconnaissait pas la juridiction devant laquelle a été présenté », a-t-il dit. Le ministre de la Justice ne doit, selon lui, pas interférer dans le travail de la justice. Il a regretté la faiblesse du syndicat des magistrats.

Khaled Bourayou a annoncé que l’affaire de Said Bouteflika, des généraux Toufik et Tartag ainsi que Louisa Hanoune reprendra le 9 février prochain. « Le général Toufik a mené la première campagne contre la corruption à l’intérieur de l’Etat. Il était derrière l’affaire Sonatrach », a-t-il noté.

« Pas de complot »

Selon lui, l’ex-patron du DRS n’a participé à aucun complot. « Il a participé à une réunion dans un lieu public à la demande de Saïd Bouteflika et en présence de Louisa Hanoune. Le général Tartag n’a pas assisté à cette réunion. Zeroual devait être nommé chef du gouvernement et prendre la place de Bouteflika après sa démission. Zeroual était emballé au début avant de changer d’avis », a-t-il précisé.

L’avocat est revenu sur l’affaire Ali Haddad en soulignant qu’il est poursuivi parce qu’il était en relation avec Saïd Bouteflika. Il a reproché au journal El Watan de n’avoir pas respecté « le secret d’instruction » en publiant des chiffres sur les crédits et les projets dont aurait bénéficié l’homme d’affaire Ali Haddad. L’avocat a donné des détails sur les projets immobiliers de Kamel Chikhi dit El Bouchi à Alger et des facilités dont il a eu droit. Deux faux documents auraient été utilisés, selon lui, dans l’affaire Khalifa. La justice n’en a pas pris acte. Il a écarté la possibilité d’un deuxième dossier dans l’affaire Khalifa. « Les avocats auraient dû être à l’avant garde. Quel rôle joue l’avocat aujourd’hui ? Ramener ou signifier un jugement ? », s’est-il interrogé. Il a regretté la dépolitisation du métier d’avocat.