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Accord migratoire franco-algérien : cuisant revers pour l’extrême droite à l’Assemblée

Radio M | 07/12/23 12:12

Accord migratoire franco-algérien : cuisant revers pour l’extrême droite à l’Assemblée

L’Assemblée nationale Française a infligé jeudi un cuisant revers à l’extrême droite en rejetant par 151 voix contre 114 la proposition de résolution réclamant l’abrogation de l’accord migratoire franco-algérien de 1968.

Censé incarner la « fermeté » sur les questions d’immigration, ce texte porté par la droite dure s’est fracassé sur le refus de la majorité et d’une partie de l’opposition de céder à cette approche radicale.

« Il est impensable de voter un texte défendu par une descendante de l’OAS, et applaudi par les héritiers des tortionnaires de l’Algérie », a notamment dénoncé la députée écologiste Sabrina Sebaihi pour expliquer son refus.

« Vous rejouez à l’infini la guerre d’Algérie. Vous flattez le vent mauvais de la xénophobie et du racisme, en espérant en tirer on ne sait quel bénéfice électoral inavouable », a fustigé de son côté le député LFI Bastien Lachaud. « Honte à vous ! », a-t-il ajouté.

Ces réactions virulentes montrent les limites du discours extrémiste sur ce sujet inflammable. Pourtant, presque 50 ans après sa signature, le fameux accord d’Evian sur la circulation des personnes suscite des tensions croissantes en France. Toujours valable, il permet aux Algériens d’obtenir des visas plus facilement que d’autres étrangers et ouvre droit à certaines prestations sociales. 

Jugé trop avantageux, cet accord bilatéral s’est retrouvé au cœur des polémiques sur la politique migratoire depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron. La volonté affichée d’Elisabeth Borne de le renégocier avait encore fait monter la pression ces dernières semaines, la droite voyant une occasion rêvée de durcir le ton sur l’immigration algérienne.

Mais en rejetant frontalement cette proposition radicale, la représentation nationale a évité d’envoyer un signal négatif à l’Algérie. Car si une dénonciation unilatérale de l’accord est peu probable en pratique, elle aurait inévitablement fragilisé les liens complexes entre Paris et Alger. Après la crise des visas de 2021, la relation bilatérale reste convalescente. 

Le gouvernement s’est d’ailleurs employé ces derniers jours à rassurer les autorités algériennes. Lors d’une visite à Alger fin novembre, Gérald Darmanin avait insisté sur la volonté française de renforcer la coopération migratoire, et non de remettre en cause les fondements de la relation bilatérale. Pas sûr pourtant que ce vote suffise à apaiser définitivement les craintes algériennes sur ce dossier explosif…