43 vendredi de contestation populaire : l’accueil fracassant du nouveau Président - Radio M

Radio M

43 vendredi de contestation populaire : l’accueil fracassant du nouveau Président

Radio M | 13/12/19 17:12


De mémoire d’Algérien, aucun Président n’a eu droit à l’accueil auquel a eu droit ce vendredi 13 décembre Abdelmadjid Tebboune. Devenu huitième président de l’Algérie indépendante, l’annonce de sa « victoire » qui coïncidait avec le 43e vendredi de contestation populaire se faisait dans l’indifférence de la majorité abstentionniste. Alors que les écrans de télévisions le donnaient vainqueur, les manifestants dans les rues contestaient sa légitimité. Ce vendredi 13 décembre, l’Algérie d’après le 22 février parle d’une seule voix, celle qui  » refuse » un Président élu « contre la volonté du peuple ».

L’émotion était à son comble dans les rues d’Alger-Centre dès la fin de la prière du vendredi. Les milliers de citoyens qui entamaient leur manifestation à Didouche Mourad crient à plein poumons « un président de la drogue », « des votes erronés », « nous n’avons pas voté ».

L’accueil du nouveau Président proclamé Abdelmadjid Tebboun est fracassant. Le ton de la contestation a déjà été donné la veille et s’est confirmé ce vendredi quelques heures après l’annonce des résultats de la Présidentielle. Abdelmadjid Tebboune n’est pas le président des « hirakistes » comme l’affirme une manifestante sur sa pancarte « nous étions un peuple sans président et nous sommes devenus un président sans peuple ».

« Nos voix n’étaient pas dans les urnes, elles ont empli les rues pour exprimer ardemment notre refus, ces voix ont résonné dans toute la planète mais ne sont pas arrivées aux oreilles de nos dirigeants. Ce n’est pas pour autant qu’on se taira », confie une manifestante.

La continuité du mouvement populaire contre le système en place est maintenue. Devenus au fil des mois « un devoir national », les citoyens l’ont encore une fois affirmé.

Un procès public

Le Président de la République fraichement élu, a déjà eu son premier procès. Les manifestants ne sont pas allés de main morte avec Abdemadjid Tebboune, particulièrement à propos de l’affaire de son fils avec le principal accusé de l’affaire de la cocaïne dans laquelle est impliquée son fils. Beaucoup de manifestants avaient à la main de la farine pour faire allusion à la cocaïne. Une mise en scène réitérée dans tous les quartiers.

À Hassiba Ben Bouali les manifestants qui arrivaient en grand nombre scandaient « Ils ne nous ont pas ramenés nous sommes venus seuls, et Tebboune ne nous gouvernera pas ». Ces contestataires ont également fustigé l’armée, qui pour eux, est le principal acteur dans « la falsification du scrutin ».


Ce 43e vendredi, les citoyens ont tourné à la dérision la situation politique actuelle. Ils ne se sentent pas concernés par cette autre Algérie, celle « des écrans télévisés ». Leur voix se font entendre dans les rues et elles le resteront.