L’Algérie doit adopter une stratégie globale relative au secteur des TIC impliquant un maximum d’intervenants pour encourager le développement d’un contenu local, a indiqué mercredi 18 janvier, Younes Grar, spécialiste du domaine et ancien conseiller du ministre de la poste et des technologies de l’information et de la communication (MPTIC).

 

Tout en regrettant le fait que les opérateurs télécoms ne s’appuient  encore, en Algérie, que sur les services « traditionnels » de la voix et d’Internet au lieu de services en ligne, M. Grar considère que l’usage de la 3G, en dépit de son développement rapide, n’a pas été optimisé.

« Si à travers le monde, la publicité en ligne est un marché très porteur, chez nous, les entreprises continuent encore à passer leurs annonces à la télévision et sur les journaux », déplore-t-il, rappelant que le développement du contenu n’est pas du seul ressort des opérateurs télécoms. « Ces opérateurs n’ont pas les données nécessaires pour mettre au point une application qui vous aidera à identifier les pharmacies de gardes, de trouver un médecin ou un restaurant », poursuit-il.

Pour lui, il s’agit de créer tout un écosystème animé par des fournisseurs de contenu spécialisés dans différents domaines. Un écosystème dont l’architecte et l’animateur principal devrait être les pouvoirs publics. Ces derniers doivent mettre en place un schéma global ou chacun pourrait « s’insérer et faire son business », dira-t-il. Il estime que les initiatives individuelles et éparses de création de contenu sont vouées à l’échec car elles ne seront pas économiquement rentables.  En parlant de rentabilité justement, l’invité assure que l’inexistence de certains contenus en Algérie nous pousse à en « importer » de l’étranger ce qui implique un coût en termes de bande passante.

Le développement d’un contenu local représente également un secteur d’investissement susceptible d’être créé en Algérie, ajoute M. Grar. « A travers le monde, les meilleures entreprises sont celles qui ont investi dans le domaine du contenu telles que Facebook ou Google et à l’étranger, les opérateurs télécoms sont devenus des opérateurs de services », souligne-t-il. « Aujourd’hui, il faut penser sérieusement à la question du contenu, car la guerre réelle (entre opérateurs) est celle du contenu », affirme l’expert.

Le MPTIC favorise les blocages

Sur un autre plan, M. Grar pense que le ministère de la Poste et technologies d'information et de communication (PTIC) doit disparaître pour être remplacé par une nouvelle structure. Le ministère tel qu’il est actuellement « ne sert à rien et ne servira à rien, peu importe le ministre que vous installerez à sa tête, il ne pourra rien faire car ce ministère est structurellement fait pour favoriser les blocages », martèle l’expert.

De son point de vue, il est impératif de se défaire du système favorisant la gestion de la poste et des nouvelles technologies sous la même autorité et de mettre en place une structure regroupant de jeunes experts du domaine du numérique. Cette structure se chargera  exclusivement de gérer le secteur des TIC et devrait être rattachée directement au Premier ministère ou à la présidence de la république, afin d’éviter toute interférence.

 

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