Le café presse politique du mercredi 11 janvier est entré en résonance avec le sujet fort de ce début d’année : le cyber espionnage et la manipulation numérique. Il s’agit bien sûr de politique et aussi d’Algérie.

 

« L’Algérie n’a pas à craindre un cyber hacking. Elle n’a pas de datas à se faire voler » ce tweet en direct d’un auditeur du CPP a fait sortir de leur gond  Farid Farah et Akram Kharief, deux spécialistes des questions de sécurité informatique en deuxième moitié du CPP. Pourquoi ? Parce que cette affirmation est fausse. L’Algérie génère un big data de la taille de sa population connectée mais il est hébergé à l’étranger et mal sécurisé. Conséquence, le scénario d’un vol de données qui pourrait nuire à la sécurité nationale et influencer la vie publique en Algérie est tout à fait plausible.

« La connaissance des tendances des opinions est aujourd’hui plus précise chez les agences de crowdsourcing (étude des grands flux de données personnelles) que chez les instituts de sondage » a expliqué  Farid Farah. C’est ce qui a permis de détecter à la source « l’effet Fillon » sur les réseaux sociaux a t’il ajouté. Un effet qui échappait encore aux Instituts de Sondage. De même qu’une agence sud africaine a établi, en étudiant des milliards de données provenant du web américain, que c’est Donald Trump qui gagnerait l’élection américaine. 

Pas de preuve contre les Russes

Le CPP a tenté de comprendre comment lnternet était en train de devenir le nouveau terrain de la domination politique y compris par la manipulation. Un territoire qui n’est pas occupé par la seule puissance américaine. Washington se plaint aujourd’hui d’en être victime. Elle pointe la Russie de Poutine. « Il n’ y a aucune preuve matérielle que les données siphonnées chez les élus démocrates l’aient été en réseau. Cela peut avoir été fait en local » ont expliqué tour à tour Farid Farah et Akram Kharief. Cela veut dire qu’il faut rester prudent face aux accusations dirigées vers Poutine de l’administration Obama. Et de rappeler que les fuites des données des Panama Papers  à la fin du printemps 2016 ont eu comme conséquence de cibler Poutine.

Est ce pour autant un coup dirigé contre la Russie ? Non pour El Kadi Ihsane, car les nouveaux acteurs du déballage numérique sont les lanceurs d’alerte (Assange, Snowden, listing HSBC, ect…) qui souvent ne savent pas à l’avance tout ce qui se trouve dans les fichiers qu’ils transmettent à la presse. La preuve, Khelil, son entourage, la fille de Sellal le premier ministre algérien et  Abdeslam Bouchouareb le ministre de l’industrie sont remontées (pour ne citer que les personnalités politiques) dans les filets de Panama Papers sans que personne ne puisse dire qu’il s’agissait d’une opération anti-algérienne.

Ce que peut ou ne peut pas le cyber espionnage

Le cyber espionnage et la manipulation des contenus digitaux ont ils donc le pouvoir de changer le cours de l’histoire politique d’un pays ? Oui si l’on écoute Barack Obama parlant de l’élection américaine. Oui aussi si l’on entend les responsables algériens citer des sites étrangers derrière les manifestations de Béjaia ou des partis politiques loucher sur le fait que les appels à la grève étaient anonymes sur les réseaux sociaux. Est ce pour autant vrai ? Le débat s’est mis en route. En attendant qu’il se donne un cap, ce qui a changé le cours politique de la nation algérienne les 25 dernières années c’est bien l’interruption du processus électoral des législatives le 11 janvier 1992.  Le CPP n’a pas pu ne pas en parler un moment en début d’émission avant de faire le bond numérique vers la big data et l’influence digitale.

 

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