A l’occasion de son passage dans l’émission l’invité du mardi 10 janvier , Abdelaali Badache  s’est montré très circonspect à propos des futurs appels d’offre concernant la production de 4000 MW d’énergie  renouvelable annoncés pour le début de l’année 2017 par les  responsables du  ministère  de l’énergie. « On ne sait rien de leur contenu. Il y aura probablement à la fois du solaire et de l’éolien et sans doute plusieurs opérateurs sélectionnés  ».  

 

Dans ce domaine, l'ancien président de la CREG défend fermement les options retenues par les pouvoirs publics au cours des dernières années pour le mix énergétique du renouvelable algérien. « Le photovoltaïque est aujourd’hui de loin le plus rentable. Il est même devenu moins cher que l’éolien ». Qu’en est-il de l’option du  solaire concentré recommandée  par certains experts nationaux ? « Encore beaucoup trop cher, il n’a d’ailleurs été adopté que pour une fraction très minime de la production d’énergie solaire mondiale ».

Obtenir l’électricité la moins chère possible

Pour l'ancien président de la CREG, dont toute la carrière s’est déroulée au sein du monopole public,  le principal enjeu  de ces appels d’offre est ailleurs. « L’objectif, affirme-t-il, doit être d’obtenir le prix du kw/heure le plus faible possible. Les prix de l’énergie solaire obtenus dans les pays voisins sont déjà très compétitifs et ils le seront de plus en plus d’ici 2020 ». Dans le cas du Maroc  et des Emirats arabes unis,  M. Badache évoque des  « contrats récents basés sur un prix de 2,4 cents pour le prix du kw/heure ». Les changements survenus au niveau international, durant ces dernières années, ont eu pour effet de réduire les coûts de production des énergies renouvelables   faisant des tarifs garantis par l’Etat algérien des tarifs « généreux,  en dépit de la dévaluation du dinar ». 

Deux visions du renouvelable ?

Abdelali Badache soutient  qu’en Algérie « la problématique industrielle n’a rien à voir avec le renouvelable ». Il ne voit pas pourquoi  on ferait payer durablement au contribuable algérien des choix industriels précoces liés à la production locale des équipements dans un secteur en plein bouleversement   dans lequel même les producteurs européens ont jeté l’éponge au cours des dernières années . Il rappelle que « de nombreuses usines spécialisées dans cette industrie ont été fermées partout  en Europe, puis récupérées par la Chine qui s’est retrouvée en possession de capacités gigantesques. L’intervention de la Chine sur le marché a été, d’ailleurs, pour beaucoup dans la baisse des tarifs, relève M. Badache.

Il ne faut sans doute pas chercher beaucoup plus loin les raisons du désaccord avec Nouredine Bouterfa qui a évoqué régulièrement cette option « industrielle » au cours des dernièrs mois. Abdelali Badache a été démis de ses fonctions de président de la CREG, l’été dernier,  en raison d’une divergence de points de vue avec le ministre de l’Energie concernant le développement des énergies renouvelables en Algérie.

30% de la production d’électricité hors Sonelgaz

En filigrane se dessine, même si Ali Badache ne le mentionne pas explicitement, des tarifs garantis élevés, accordés par les cahiers des charges en préparation,  à des « industriels amis » activant dans le cadre du 51/49. Les enjeux sont de taille, l’ancien président  de la CREG rappelle que dans le sillage de la loi sur l’électricité adoptée dès 2002  «très en avance au plan régional et sensée déréguler le secteur », on prévoyait déjà d’ « atteindre au bout de 3 ans  près de 30 % de la production d’électricité hors Sonelgaz ».   Affaire à suivre …..

 

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