Ambiance de deuil au Café presse politique. Mohamed Tamalt, journaliste, est mort en détention. Difficile à commenter. Cela donne des envies d’ailleurs à certains membres du CPP. Moment délicat.

 

« Nous sommes dans une grande prison  et nous nous prêtons au jeu qui consiste à mener des batailles qui nous font oublier que nous sommes dans une prison ». C’est le commentaire rupture de Abed Charef en réaction à l’actualité tragique de la semaine, la mort en détention de Mohamed Tamalt journaliste freelance et bloggeur. Le Café Presse Politique a fait l’effort de surmonter sa révulsion. Pour tenter de comprendre. Pour El kadi Ihsane, il y a une « grande ressemblance avec l’affaire Mohamed Benchicou il y a douze ans ». En moins sophistiquée. La volonté d’embastiller Mohamed Tamalt est le point commun. Volonté présidentielle, selon lui. Preuve, le contenu pour lequel les services de sécurité de l’armée ont embarqué Tamalt le 28 juin dernier est lié à la personne du président Bouteflika. La volonté de punir sans faire attention à la loi est manifeste. Procédure de comparution immédiate. Cafouillage. L’article 146 pour lequel on veut faire rendre gorge au turbulent bloggeur ne prévoit pas la prison dans les atteintes au président de la république. L’appareil de la justice a « corrigé » requalifié les faits. Toujours dans le but d’exécuter l’injonction. Mohamed Tamalt doit aller en prison. Mais il n’était pas prévu qu’il y meurt.

Personne pour stopper la machine

Les invités du CPP ont, bien sur réagit, aux déclarations suffocantes du ministre de la justice qui a affirmé que la loi a été respectée dans le cas de Mohamed Tamalt. « En 2016, des journalistes peuvent mourir en prison pour ce qu’ils écrivent » voilà, pour les journalistes présents, le résultat du respect de la loi à laquelle fait référence. La grève de la faim et la détérioration de l’état de santé de Mohamed Tamalt dès la fin du mois de juillet dernier auraient du alerter l’administration pénitentiaire et le pouvoir politique, donneur d’ordre dans l’incarcération de ce journaliste. Rien. Pourquoi ? Comment cela est il possible lorsqu’on constate les dégâts colossaux que cette mort a causé sur l’image de l’Algérie et de la gouvernance Bouteflika. La machine à embastiller n’est pas réversible. Elle s’est grippé lorsqu’il s’est agit d’élargir le détenu pour éviter le pire. Juridiquement impossible ? Les témoignages depuis le décès tragique de Mohamed Tamalt convergent pour dire le contraire. Avocats de la défense, ligue des droits de l’homme, les appels se sont multipliés pour élargir pour raison médicale le gréviste de la faim à l’état de santé devenu instable début aout 2016. Quatre mois durant, le diktat du début de la procédure n’a jamais pu être révisé. Et Mohamed Tamalt est mort prisonnier.

Pas de vigilance, pas de solidarité

Le café presse politique n’a pas évité l’introspection devant ce dérapage dramatique.  Les journalistes ont été peu solidaires de Mohamed Tamalt. Ils n’ont pas continué à suivre sa situation une fois passés les deux procès, sa condamnation et la fin forcée de sa grève de la faim, sous perfusion à l’hôpital Lamine Debaghine de BaB El Oued. « Nous avons eu tort de nous arrêter à ses écrits indéfendables. Nous aurions du voir la machine qui était entrain de le broyer et nous préoccuper de son sort quand il s’est avéré qu’il refusait sa situation de détenu » déplore El Kadi Ihsane. C’était sans doute oublier que nous étions dans la pire période du Bouteflikisme, celle du quatrième mandat.

 

 

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